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Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes

 
 
Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes

La violence à l'égard des femmes constitue une violation des droits de la personne humaine. Elle est aussi une conséquence de la discrimination à leur égard ainsi que des inégalités persistantes entre hommes et femmes. Cependant, la violence à l'égard des femmes et des filles n'est pas inévitable. La prévention est possible et essentielle.

L'historique de la journée du 25 novembre

Le 20 décembre 1993, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes (A/RES/48/104).

En 1999, par sa résolution 54/134, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 25 novembre journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, et a invité les gouvernements, les organisations internationales et les organisations non gouvernementales (ONG) à organiser, ce jour-là, des activités conçues pour sensibiliser l'opinion aux problématiques de la violence à l’égard des femmes.

Cette date a été retenue en hommage à la mémoire des sœurs Mirabal, qui ont été brutalement assassinées en République dominicaine, le 25 novembre 1960, sur les ordres du dirigeant de l'époque, Rafael Trujillo (1930-1961).

Les chiffres

223.000 femmes victimes de violences conjugales en 2015 en France dont :

  •  164.000 femmes victimes de violences physiques,
  •  33.000 femmes victimes de violences sexuelles,
  •  26.000 femmes victimes de violences physiques et sexuelles.
  •  14 % des femmes victimes de violences conjugales ont porté plainte.

(Source INSEE)

En 2016, 138 personnes sont décédées suite à des violences subies de la part de leur conjoint ou ex-conjoint : 109 femmes, 29 hommes et 9 enfants.

35.000 victimes de violences sexuelles se sont déclarées auprès des forces de l'ordre et de sécurité (Source Ministère de l'Intérieur) alors qu'on estime à 84.000 le nombre de victimes de viol ou de tentative de viol de sexe féminin âgées de 18 à 75 ans.

1 femme sur 2 victime de violences sexuelles a moins de 15 ans.

44 % des femmes ont été victimes de viol ; une femme sur quatre l'a été par son conjoint ou son ex-conjoint (Source Ministère de l'Intérieur).

Dans la plupart des cas, les femmes connaissent leur agresseur.

Le 25 novembre 2017
Dans le monde

Le thème retenu par l'Organisation des Nations Unies pour l'édition 2017 est « Ne laisser personne pour compte : mettre fin à la violence contre les femmes et les filles ». Comme les années précédentes, la couleur orange est un thème central et unificateur de toutes les activités.

 En France

 Le gouvernement français participe à ce mouvement de lutte contre les violences faites aux femmes.

 Il a lancé, en fin d'année 2016, le 5ème plan de mobilisation et de lutte contre toutes les violences faites aux femmes qui couvre les années 2017-2019 et dont le thème est « le sexisme tue aussi ». Il fixe trois objectifs :

  • sécuriser et renforcer les dispositifs qui ont fait leurs preuves pour améliorer le parcours des femmes victimes de violences et assurer l’accès à leurs droits
  • renforcer l’action publique là où les besoins sont les plus importants
  • déraciner les violences par la lutte contre le sexisme, qui banalise la culture des violences et du viol.

 De plus, une campagne de presse intitulée « arrêtons-les » a été lancée le 26 octobre dernier. Elle a pour objectif de faire prendre conscience aux auteurs d’actes de violences sexistes ou sexuelles de la gravité de leurs actes en leur rappelant les sanctions pénales encourues, et de sensibiliser les témoins.

 Dans le Jura

La prise en charge de femmes victimes de violences existe depuis de nombreuses années. Le tissu associatif et institutionnel est particulièrement mobilisé. Cette année, le préfet a décidé de suivre le parcours d'une femme victime et de valoriser le travail fait par tous les partenaires institutionnels et associatifs. L’Etat impulse une dynamique et participe également financièrement à chaque étape.

Les objectifs

  •  Montrer la pluralité des intervenants et la pertinence de la prise en charge à chaque étape.
  •  Ne pas rester en surface, ou focaliser sur le sensationnel mais prendre en compte une immersion travaillée avec les personnes au plus proche du terrain et de ces problématiques (accompagnants et accompagnés).
  •  Créer un contexte permettant d’aller au-delà de la compréhension intellectuelle d’un sujet qu’il faut traiter avec éthique et authenticité.
  •  Mettre en valeur la conjugaison opérée par les intervenants entre humanité et professionnalisme 
  •  Porter à la connaissance de femmes victimes de violences l’existence de ces diverses structures d’accueil, d’écoute, d’aide, d’accompagnement et de réinsertion.  

Les violences faites aux femmes existent quel que soit le secteur de vie : la catégorie socioprofessionnelle, le lieu de résidence, la culture, l’âge, etc. Cependant, les subir ne doit pas être une fatalité.

Des solutions concrètes existent sur le territoire de notre département !

Le parcours

Le parcours proposé et suivi par Céline JUSSELME, déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité, se compose de plusieurs étapes :

Depuis le 1er janvier 2014, le 3919 - Violences Femmes Info est actif.

Il s’agit d’un numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels concernés. Les appels sont anonymes et gratuits 7 jours sur 7, de 9h à 22h du lundi au vendredi et de 9h à 18h les samedi, dimanche et jours fériés.

Cette plateforme nationale n’a pas vocation à trouver une solution concrète, il s’agit d’une plateforme d’écoute qui réoriente ses interlocuteurs vers le 115 afin que ces derniers puissent, si besoin, trouver une solution de proximité, souvent, un hébergement d’urgence.

Le parcours d’une victime est le suivant :

ETAPE 1 : L'appel téléphonique au 115

 La personne en danger est prise en charge par le Service Intégré d'Accueil et d'Orientation (SIAO)1 qui gère ce numéro d’urgence ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Un hébergement provisoire sera trouvé dans les plus brefs délais afin de mettre la personne à l’abri.

L'action du SIAO est structurée autour de trois bassins de vie du département : Lons-le-Saunier, Dole et Saint-Claude. Il permet une fluidité dans la gestion du dispositif 115 puisqu'il assure la mise à l'abri des personnes vulnérables en les orientant vers des hébergements d’urgence.

1 Le SIAO du Jura a été mis en place en janvier 2011, porté par le centre communal d'actions sociales (CCAS) qui assurait depuis plusieurs années la gestion départementale des appels 115 ainsi qu'un centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS).

ETAPE 2 : Le dialogue avec l’intervenant social au commissariat ou en gendarmerie.

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De manière générale, le travailleur social a vocation a assurer l’interface entre la police ou la gendarmerie et les services sociaux afin de favoriser une prise en charge globale des personnes reçues. L’objectif étant d’améliorer le service public et les relations inter-services.

Dans le cadre des violences conjugales, son rôle est d'accompagner au mieux les femmes qui se sont signalées auprès des forces de l'ordre, même sans que ces dernières ne soient allées au bout de la démarche (dépôt de plainte).

À l'écoute de la situation de la victime, elle connaît les interlocuteurs dans le domaine des violences faites aux femmes et peut l’orienter.

Elle facilite ainsi le parcours de la victime et le travail entre les différents acteurs.

ETAPE 3 : L'hébergement de moyenne ou longue durée

1. L'action de Coop(Agir, coopérer pour agir. 

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 Cette association créée en 1990 comprend aujourd'hui quatre entités :

  •  Le Centre d'Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRSCentre d'hébergement et de réinsertion sociale) Parenthèse, dont le principal prescripteur est le SIAOservice intégré d'accueil et d'orientation et la demande est le plus souvent justifiée par des violences conjugales (29 % des cas). L'hébergement se réalise sur la base d'un contrat d'une durée de six mois, renouvelable une fois
  •  Une maison relais pour des adultes handicapés
  •  Interfringues, composé d'un chantier d'insertion et deux magasins de vente de vêtements d'occasion, emploie majoritairement un public féminin
  •  Un accueil de jour (accueil point Dole).

Le préfet du Jura s’est rendu dans les locaux de Coop(Agir le mardi 21 novembre. La visite de la structure a été suivie par des témoignages de femmes victimes de violences.

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Pour libérer la parole, la structure travaille sur la base des travaux sur le stress post-traumatique du Docteur SALMONA, psychiatre, psychothérapeute, chercheuse, formatrice en psychotraumatologie et en victimologie. Le contenu de ces travaux est adaptée aux femmes.

2. L'hébergement géré par le Centre d'Information des Droits des Femmes et des Familles (CIDFF)1.

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Orientées par le SIAOservice intégré d'accueil et d'orientation et suite à un dialogue avec le CIDFF de Lons-le-Saunier, les femmes sont accueillies dans l'un des appartements pour un hébergement de stabilisation.

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1 De manière générale, le CIDFF exerce une mission d’intérêt général confiée par l’État dont l’objectif est de favoriser l’autonomie sociale, professionnelle et personnelle des femmes et de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes. Il informe, oriente et accompagne le public, en priorité les femmes, dans les domaines de l’accès au droit, de la lutte contre les violences sexistes, du soutien à la parentalité, de l’emploi, de la formation professionnelle et de la création d’entreprise, de la sexualité et de la santé.

ETAPE 4 : L'orientation vers l'association JURAVEM, dénommée aujourd'hui France Victimes 39.

Cette association vient en aide aux victimes d'infractions dans tout le département du Jura notamment les victimes de violences y compris intrafamiliales. Elle apporte une écoute privilégiée, une prise en charge globale des difficultés des victimes en les informant sur leurs droits, en les aidant, les accompagnant et les soutenant dans leurs démarches (notamment judiciaires) et en leur proposant un soutien psychologique.

L'association oriente ensuite les victimes vers d'autres services professionnels : avocats, services sociaux, services médico-psychologiques, assurances.

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Le 25 novembre 2017, Emmanuel MACRON, président de la république a invité les déléguées départementales des droits des femmes et de l'égalité entre les femmes et les hommes à l'Elysée. Céline JUSSELME, la déléguée du Jura était parmi les invités.

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